Depuis plus de 75 ans, le peuple palestinien porte le poids d’une injustice historique que beaucoup qualifient sans détour de « vol d’une patrie ». L’expression « سرقة وطن » (sarqat watan) résonne profondément dans les cœurs arabes, et particulièrement en Tunisie, pays pionnier des révolutions pour la dignité et la liberté.La Nakba de 1948 n’était pas seulement un épisode isolé : plus de 750 000 Palestiniens ont été expulsés ou forcés de fuir leurs villages et leurs villes. Plus de 500 localités palestiniennes ont été détruites ou repeuplées. Des terres cultivées depuis des générations, des maisons familiales, des oliviers centenaires… tout a été confisqué pour construire un nouvel État sur les ruines d’un autre peuple.Aujourd’hui, en 2026, cette Nakba continue sous une forme modernisée :Plus de 700 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, sur des terres palestiniennes occupées illégalement selon le droit international.À Gaza, les bombardements répétés, le blocus asphyxiant et les destructions massives depuis 2023 ont créé ce que beaucoup appellent une « nouvelle Nakba » : des quartiers entiers rasés, des familles déplacées à plusieurs reprises, une crise humanitaire sans précédent.Les confiscations d’Agrès, les démolitions de maisons, les checkpoints qui morcellent la vie quotidienne… tout cela s’inscrit dans une logique de colonisation continue.En Tunisie, nous n’avons pas oublié. Les manifestations massives pour Gaza, les collectes de dons, les convois humanitaires, les positions officielles et populaires claires montrent que la cause palestinienne reste vivante chez nous. Comme l’a rappelé le président Bourguiba autrefois, et comme le répètent aujourd’hui des millions de Tunisiens : la Palestine n’est pas une cause lointaine, c’est une question de justice, d’humanité et de cohérence avec nos valeurs.La communauté internationale a reconnu à plusieurs reprises (résolutions ONU, Cour internationale de Justice…) que l’occupation est illégale et que le droit au retour des réfugiés palestiniens est légitime. Pourtant, le silence ou la complicité de certaines puissances permettent à ce vol historique de se prolonger.Le 15 mai de chaque année, les Palestiniens commémorent la Nakba. Mais pour eux – et pour nous qui les soutenons – ce n’est pas seulement un souvenir : c’est une réalité quotidienne.Palestine n’est pas une terre volée hier. C’est une patrie qu’on continue de voler aujourd’hui.







